Bernard Werber est-il malthusien ?

Contrairement à une certaine bien-pensance (ce mot n’existe pas ? Inventons-le !) pratiquée dans une partie du microcosme littéraire, j’apprécie beaucoup Bernard Werber. Il réussit le grand écart entre garder une âme d’enfant et s’intéresser de façon « scientifique » à son environnement et à l’avenir. Son dernier ouvrage s’annonce comme un best-seller, n’en déplaise aux adorateurs de prix littéraires de tout poil.

Dans une nouvelle de l’ouvrage dirigé par Olivier Delcroix, Complots capitaux, il annonce la disparition du livre d’ici cinquante ans, causée par la dictature d’une nomenclatura qui veut décider de ce qu’est la littérature. Une élite nombriliste soutenue par des magazines pseudo-intellectuels qui nous conseillent de lire des livres ennuyeux, tout comme les émissions littéraires qui disparaissent pour cette raison.

Pour Werber, la science fiction est le dernier genre littéraire où l’on se permet de parler du futur. Un genre qui fait l’objet d’un complot ourdit par les tenants du roman autobiographique, seule écriture qui mériterait les podiums. J’avais mis en avant une interview et on lira à ce sujet son plaidoyer pour une autre littérature dans le Figaro du 23 novembre 2007. Même si je partage globalement son apréhension à ce sujet, je ne suis pas aussi pessimiste car il existe des auteurs comme Mickael Crichton, décédé cette semaine, qui écrivent des thrillers passionnants extrapolant les recherches scientifiques en cours. J’ai déjà évoqué son roman Etat d’Urgence, par exemple, qui lui a valu d’être consulté par le sénat américain en tant qu’expert sur les changements climatiques.

D’une manière générale, le techno-roman et l’uchronie ont de beaux jours devant eux. Europia, de Jean-Claude Albert-Weil, n’a-t-il pas reçu le Grand prix du roman de la Société des gens de lettre en 1997 ?

De la même façon, je partage son analyse de la société de consommation : l’armonie plutôt que la croissance débridée ou que la décroissance pronnée par certains utopistes. On ne pourra peut-être pas être dix milliards d’êtres humains avec chacun tous les attributs de la société de consommation, mais je ne vois pas comment il veut s’y prendre pour passer de six milliards à trois milliards d’habitant sur Terre ! Il est bien conscient d’être politiquement incorrect mais je trouve cette idée vraiment malthusienne, avec tout ce qu’elle sous-entend au niveau politique…

Visionnez la sixième partie de cette interview et dites-moi ce que vous en pensez !

Save

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Bernard Werber est-il malthusien ?