Project Sansar

Second Life / Sansar : cannibalisation ?

Lors du premier rendez-vous LabChat organisé par la direction de Linden Lab, l’idée que Sansar pourrait cannibaliser Second Life a été évoquée. C’est en effet une appréhension que les créateurs-commerçants de Second Life pourraient avoir, mais aussi tout utilisateur lambda : si chacun des deux mondes cherche à prendre le dessus sur l’autre, le risque ne serait plus la cannibalisation de l’un par l’autre mais l’affaiblissement des deux, voire leur disparition. C’est un principe de la théorie des jeux : on a soit un gagnant et un perdant, soit deux perdants, rarement deux gagnants.

En termes plus précis, on pourrait avoir une rapide hémorragie d’utilisateurs si les terrains sont moins chers sur Sansar, si la nouvelle technologie rend la vie plus facile sur Sansar et si cette même technologie permet un éventail créatif plus dense sur Sansar.

Ebbe Altberg répond que Linden Lab n’a aucun intérêt à s’auto-saboter, qu’il y a deux équipes qui travaillent chacune dans leur coin sur chaque produit (Second Life et Sansar sont des produits, il est utile de le rappeler) et s’accordent de temps en temps sur quelques éléments précis. Il considère qu’il y aura effectivement un effet de cannibalisation mais qu’il vaut mieux qu’il existe entre produits d’une même entreprise (afin d’être maîtrisé) plutôt que de la part d’un concurrent. Enfin, il souligne aussi que lors de son lancement, Sansar n’aura pas le même niveau de sophistication que Second Life ; cela prendra beaucoup de temps pour accomplir dans Sansar ce qui a été fait sur Second Life.

Je rajouterai que d’autres mondes virtuels existent déjà et qu’ils sont loin d’avoir taillé des croupières suffisantes à Second Life pour que celui-ci se sente menacé. A titre d’exemple, je suis aussi sur Inworldz : des terrains quatre fois moins chers, trois fois plus de primitives sur une région. Certes, mais aussi douze fois moins de chiffre d’affaires et, surtout, une fréquentation beaucoup moindre, une activité culturelle quasi nulle (en terme de fréquentation), beaucoup de créateurs ont jeté l’éponge et sont revenus sur SL. Par contre ceux qui restent sur Inworldz y sont heureux, à partir du moment où ils trouvent là-bas ce qu’ils sont venus y chercher : généralement de la place (en prims) pour builder (à l’ancienne).

Et c’est aussi ce qui va se passer à mon avis avec Sansar. Dans un premier temps, on va y aller, essentiellement par curiosité, et aussi pour voir ce que la technologie nous permet de créer. Les questions liées au business viendront dans un second temps. Sansar sera dans un premier temps un lieu d’expérimentation, un peu à l’image de ce qu’était Second Life à ses débuts. On ne sera donc pas mécontents d’y trouver des terrains moins chers, histoire de limiter le coût de l’expérience. Je pense que toute cette appréhension, exprimée le plus souvent par les créateurs-commerçants et land-barrons, vient d’une mauvais interprétation des mondes virtuels : ceux-ci sont d’abord des lieux d’expérimentation dans les domaines de l’art et des relations humaines. Ils ne sont que secondairement des lieux où l’on fait des affaires. Et c’est très bien ainsi.

A la lumière de cette analyse, on peut donc imaginer que Second Life n’est pas prêt de fermer ses portes.

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