Mondes virtuels

Etes-vous de Mesh ?

J’ai rédigé cet article à l’occasion du retour de la revue en ligne Avenir Web 3D.

(Mode ironie) A l’occasion d’un premier article sur un site aussi réputé que celui qui m’accueille aujourd’hui, je me devais de laisser un souvenir impérissable, une sorte de signature à la Jean Edern, bref un texte qui me vaudrait sans doute d’être banni à jamais de la pensée dominante qui, mais ce n’est que mon opinion, a cours sur un metaverse dont je ne me souviens pas du nom. Euh ? Second Life ? Oui c’est cela, Second Life.

Dans la quiétude de mon bureau grange, et par conséquent provisoire, je lisais l’autre jour quelques gloseurs joliens et bloguesques qui s’inquiétaient de l’arrivée des meshes sur Second Life. Une dialectique pertinente qui n’accouchait pas les peurs sous-jacentes comme d’habitude en pareille circonstance. Les meshes, c’est cette technologie qui permet d’importer des objets allégés en prims dans le metaverse. Ils ont, par rapport aux sculpts, la particularité d’être animés. Ce n’est pas révolutionnaire puisque cette évolution existe depuis 2004, au moins.

Que n’ais-je lu sur le sujet qui ne sente tour à tour la peur et le poujadisme ? La peur de la nouveauté, la peur de devoir (encore) s’adapter, la peur d’être détrôné, la peur de voir couler toute une économie basée sur le prim. Certains invoquent (à tord) le prix de l’outil, alors que l’un des deux développeurs (Blender) est gratuit. D’autres, plus malins (ou manipulateurs ?) parlent de la fin d’un art, tentant par là d’inscrire dans nos esprits le doute. Est-on un bon designer si l’on utilise autre chose que le prim de base ? Le même débat a eu lieu avec l’arrivée des sculpts…

 Bon sang de bois ! Mais je croyais qu’un artiste possédait le « truc magique », cette propension à la curiosité, cette faculté de donner, de partager sans retour. Au lieu de cela je découvre un univers refermé sur lui. Surtout ne pas évoluer, ne pas s’adapter : il faut impérativement barricader le pré-carré, garder le feu originel et empêcher ces hominidés debout d’approcher de la grotte ancestrale. Je ris de tout cela. Ca me fait presque plaisir. Mais attention, n’allez pas croire que moi, builder du dimanche, me moque des builders patentés de Second Life, ceux qui font tous les jours le bonheur de mes yeux. Je bave très sincèrement devant autant de beauté, j’en bave d’envie.

Car le nœud du problème est là : l’envie. C’est en voyant toute ces belles choses que l’envie vous prend de faire pareil et, peut-être, à force de travail, mieux. Ce débat me rappelle un roman que j’ai lu un jour sur les derniers porteurs d’eau. On installait à Paris l’eau sur l’évier : qu’allaient devenir ces bougres aux larges épaules ? Et bien ils ont fait comme tout le monde : ils se sont adaptés. Tous les jours, dans nos métiers en dur, nous sommes confrontés à la nouveauté, au changement, parfois de façon radicale. Celui qui ne s’adapte pas disparait.

Je trouve même les évolutions technologiques passionnantes. Alors ce n’est pas un builder du dimanche qui va se montrer plus passionné que les maîtres du genre. Mesdames, messieurs, n’ayez pas peur, ouvrez vos yeux d’enfants, prenez en main les nouveaux outils et faites nous rêver !

(Comment ? Vous êtes toujours là ? Grrrr….)

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