Enquêtes / Documents / Essais / Réflexions

Cheminez ! Il ne restera que cendres…

Si le TGV a détronné l’avion en direction de Strasbourg, le pèlerin pourrait bien concurrencer le train sur les chemins de Saint-Jacques ! Dans cet ouvrage à la fois beau, pratique et fouillé, Jean-Yves Grégoire nous accompagne sur les Chemins de Saint-Jacques de Compostelle. Beau parce que nombreuses sont les pages avec des photos ou des dessins évoquant paysages et détails, vues d’ensemble et choses insolites. Pratique, ou plutôt complet, car tous les chemins sont desservis par la prose dynamique et enjouée de l’auteur. Il y en a même un que je ne soupçonnais pas, celui du Cap Finistère, celui qui va en quelque sorte d’un bout à l’autre de la « fin de la terre ». Fouillé, parce qu’il ne s’agit pas là d’un quelconque guide pratique mais d’une descente en profondeur dans le Chemin.

Grégoire n’a pas écrit ce livre pour nous indiquer la bonne direction ou les bonnes adresses, mais pour nous montrer le Chemin et ses bonnes surprises. Un chemin qui n’est pas fait de religiosité mais de spiritualité, un cheminement vers soi, et parfois avec les autres : « Le Chemin n’est rien comparé au face-à-face avec soi-même » ; « La ville de Saint-Jacques n’est qu’une étape supplémentaire, [pas] forcément un but » ; « Un dernier rite consiste à brûler ses vieux vêtements afin de repartir vêtu de neuf, en homme nouveau ». Combien je suis en phase avec lui lorsqu’il dit que « l’homme part à la recherche de sa vraie nature, sans doute parce que la vie sédentaire le lasse, l’écarte de lui-même, le fait mourir à petit feu ». Et de nous parler de Charles que le Chemin aura transformé, passant du cadre trépidant de la bourse et des soirées mondaines à celui de la restauration de meubles à la campagne.

Affublé d’une barbe de trois jours, les pieds en cloques et des auréoles suspectes sous les bras, rien ne ressemble plus à un pèlerin qu’un autre pèlerin : « Sur ce Chemin, j’ai découvert la tolérance et l’ouverture au monde ». Les autres ici, d’aujourd’hui, mais aussi d’hier. Car le Chemin a ceci de particulier d’emboîter le pas des milliers d’ascendants qui l’ont empruntés, nous plongeant dans une même communion spirituelle et non pas religieuse. Un sentiment que vous ne rencontrerez pas ailleurs : le Chemin est unique.

« Range le livre, la description, la tradition, l’autorité, et prends la route pour découvrir toi-même… » Jiddu Krishnamurti.

Le site de Rando Editions et la page consacrée à ce livre. (Photo empruntée sur le site Rando Editions). Témoignage de lecture fait avec plaisir dans le cadre du programme Masse Critique de Babelio. Mes remerciements à Rando Editions et Babelio.

Save

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s