Culture et (dé)confiture

Un monde… si littéraire… on remet ça !

Vous ne pensiez tout de même pas que j’allais vous laisser sur les orgies artistiques du post précédent ? Non franchement, il y a plein de choses dont nous devons parler ensemble. Prenez un fauteuil en cuir, détendez-vous et lisez ce qui suit !

D’abord cette évolution dans la promotion des livres sur laquelle j’aimerais avoir votre sentiment. Avec la vidéo de présentation du dernier opus de Reymond sur Marilyn Monroe, je vous avais donné un premier exemple de bande annonce littéraire. Voici celle de Henry Loevenbruck pour son thriller Le Rasoir d’Okham : il a trouvé une bande de copines pour promouvoir son livre. Personnellement, ça ne me donne pas d’autre envie que de dévorer la brave ménagère de moins de 60 ans ! (Vous savez, celle qui n’existe que dans les stats…)

Plus sérieusement, voici ce que pense Antoine Dole de la bande annonce de son premier roman Je reviens de mourir :
De plus en plus la jeune littérature puise ses influences dans la musique, le cinéma, les séries télés. L’impact populaire bouscule les préjugés élitistes et intellectuels. Les codes changent, évoluent : l’écriture devient orale, dans la trajectoire d’un métissage urbain et culturel où les récits se construisent dans une dynamique poétique et organique. Langue fracturée, reconstruite, libérée, décomplexée : le verbe, mué en véritable outil générationnel, s’acoquine à la culture du bitume, implacable et cassante, pour en traduire l’essence. (…) Dans ce nouveau paysage éditorial, les éditions Sarbacane et la collection Exprim’ font un travail singulier, basé sur des textes urbains nourris de ces énergies.

Si le principe de la bande annonce est embryonnaire en France, il est largement pratiqué aux Etats-Unis et je vous soumets l’exemple d’Alexandra Sokoloff pour son œuvre The Harrowing. Elle est traduite en France sous le titre Le Cercle meutrier. Je suis déjà un peu plus convaincu !

Une autre façon originale de présenter son bouquin est celle de Virgile Durand pour Ces gens là. Il a organisé un jeu de piste sur MySpace qui nous fait découvrir les personnages. Long mais amusant ! Dans la même veine Will Davis pour ses livres Jaz et Al. Du côté des bandes-annonces européennes, les Italiens et les Espagnols ont déjà lancé le mouvement depuis quelque temps (voir ici ou ). Pour ma part je pense qu’il faudra trouver le ton juste entre la production hollywoodienne de clips et la présentation quasi intimiste par l’auteur lui-même. Le champ d’expression est large, et donc passionnant ! Les anglophones complèteront leur opinion en lisant cet article sur Booksquare (site super intéressant).

Toujours en anglais, un article étonnant du New-York Times portant sur les romans à l’eau de rose japonais écrits avec le pouce (voir le site de Maho no i-rando qui affiche un million de livres !). Cette expression fait référence au mode de diffusion : sur téléphone mobile, avec un style SMS. Histoires courtes, écrites par des femmes pour des femmes. Mike Elgan pour ComputerWorld s’interroge : Est-ce que les téléphones mobiles sauveront les livres ? Après avoir souligné la difficulté à reproduire le modèle japonais aux Etats-Unis, il fustige le déclin de la lecture causé selon lui par la même chose qui cause le déclin de la télévision : le fait de ne pas devenir suffisamment participatif ! Et de voir dans le succès des romans pour mobiles une illustration communautaire de la culture (« des livres produits par mes pairs »). Bof, ça ne me branche pas du tout, du tout…

Je suis aussi, comme des millions de Français (qui s’en foutent pourvu qu’on leur donne les livres), l’affaire trépidante qui oppose le Syndicat de la Libraire Française (garant de la tradition) au pirate Amazon. Petit rappel en quatre notes ici. Le dernier rebondissement en la personne d’un imbécile de première qui ne voit pas plus loin que le bout de son nez (ce qui est embêtant quand on veut vivre de l’écriture) : Thierry Wolton, journaliste et écrivain. Il a publié une tribune dans Le Monde dans laquelle il explique ni plus ni moins que ce sont les libraires traditionnels qui bénéficient en premier lieu de la politique du livre (prix unique, non gratuité des frais de port). Allez donc soutenir cela à un petit libraire de quartier qui n’arrive pas à joindre les deux bouts. Il va vous envoyer Le Petit Robert à travers la figure ! Se posant en pourfendeur d’un soi-disant privilège, il apparaît un peu comme un enfant caché de Attali ! La réaction ne se fait pas tarder. Les libraires menacent de boycotter ses bouquins. Mise au point d’Antoine Gallimard sa sainteté lui-même ! Son éditeur Buchet-Chastel le lâche en pleine bataille rangée. C’est pétition contre pétition : qui va l’emporter ? Suspense. Mais vous, que pensez-vous de toute cette affaire ?
Mais ceci-dit, Wolton écrit peut-être sous l’emprise d’une drogue à l’origine incertaine, comme son confrère Frédéric Beigbeder, pris en flagrant délit de consommation de cocaïne, rien de moins ! Il inaugure sans doute un nouveau style littéraire : le roman-réalité. Imaginez un écrivain renommé, pourri de fric, sortant débraillé d’un bar à hôtesses, snifant une ligne sur le capot d’une berline allemande, dans un parking souterrain, prenant la fuite à l’équerre devant une escouade de flics aux souliers vernis. Vous imaginez d’ici la bande annonce… Encore un qui n’est pas à la veille de remplacer un académicien. A ce sujet un article de Mazel sur cette étrange épidémie mortelle qui frappe l’Académie Française. Ca me fait penser aux néons : ils tombent toujours en panne en même temps…

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