Culture et (dé)confiture

Economie du livre : dernières nouvelles du front !

Dans la mesure où la reprise d’une librairie fait partie de mes projets, je me suis penché sur le secteur économique que représente le livre. Etudier ce domaine est passionnant car il est à la lisière entre culture, problèmes de société et économie. Un chef d’entreprise ne peut pas camper sur une position définitive tant notre monde est mouvant, et c’est pour cette raison que mes conclusions sont tout à fait provisoires.

Je suis parti d’un rapport de Sophie Barluet, publié à l’issue de la mission Livre 2010 et qui s’intitule : Pour que vive la politique du livre. Je vais résumer car il fait 148 pages ! Le rapport pose d’amblée l’avenir du livre dans un univers du tout numérique : influence du livre numérique, des sites de vulgarisation, des écrits en ligne, des sites de vente en ligne. Il élargit le débat aux écrivains qui s’interrogent sur leur rôle futur : situation sociale, rémunération, droits. Ainsi que sur les éditeurs qui doivent dans ce nouveau contexte faire un arbitrage entre livres à rotation rapide et livres de fonds à rotation lente : le coût du stock est une dimension primordiale dans le bilan d’un éditeur ou d’un libraire. Ce dernier est sans doute le maillon le plus fragile car un élément fondamental est intervenu depuis les années 70 : même si la loi Lang de 1981 sur le prix unique du livre a permis de maintenir un réseau de librairies assez diversifié et dense, il n’en reste pas moins que le consommateur lambda a pris le pli d’acheter sa lecture en même temps que ses yaourts, c’est-à-dire au supermarché. Même si pour autant la grande distribution est encore loin de proposer une offre variée et complète d’œuvres littéraires, le client se satisfait de ce qu’elle lui propose.

Je tâcherai de couvrir le domaine particulier des bibliothèques dans une autre note car il mérite que l’on s’y attarde. Néanmoins, il est difficile de limiter les difficultés de la chaine du livre à la seule émergence du numérique car d’autres tendances lourdes doivent être prise en compte. Par exemple, un Français sur quatre ne lit aucun livre. Plus grave, on pourrait penser que le taux de lecture augmente avec le niveau d’étude, et bien ce n’est pas le cas. Il semblerait qu’une partie des lectures se reporte sur des supports numériques, et pourtant le marché du livre enregistre une progression annuelle continue depuis les années 70 (sauf de 1994 à 1998). A ce niveau, le rapport prétend que les rapprochements dans le secteur de l’édition sont un exemple supplémentaire de sa bonne santé puisque ce serait la preuve qu’il intéresse les investisseurs. Je ne partage pas tout à fait cette idée car ce mouvement de concentration est peut-être aussi conduit par la nécessité de faire des économies d’échelle en amont pour propoer en aval une offre diversifiée, créative et, surtout, à coût maîtrisé. On pourra ensuite philosopher sur les détails de cette créativité qui ne se fait pas au demeurant dans les domaines nobles de l’écrit : plus 375 % pour la BD et moins 11 % pour la poésie et le théâtre.

J’ai ici planté le décors, je verrai dans une prochaine note l’implication pour les libraires en particulier.

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