Culture et (dé)confiture

Peut-on encore ouvrir une petite librairie ?

Certains d’entre vous connaissent mon goût pour l’entrepreneuriat. J’ai trois entreprises à mon actif et deux projets en cours. J’aimerais aussi, pourquoi pas, créer ou reprendre une librairie de dimension humaine.

J’ouvre une parenthèse : qu’est-ce qu’une entreprise de dimension humaine ? Cette notion pourrait faire l’objet d’un débat à elle toute seule. Pour résumer mon opinion sur le sujet, je répondrais une entreprise dans laquelle le lien relationnel n’est jamais rompu. Entre collaborateurs et patron, entre clients et employés.

Donc, une librairie dans laquelle il ferait bon travailler et acheter des livres.

Vous allez me dire : une petite librairie n’a pas d’avenir. Le secteur est squaté par des grands groupes à succursales, par les sites de vente en ligne. La dégradation du budget des ménages, conjuguée à la faillite conjointe de l’enseignement scolaire et de l’éducation familiale, font que bientôt tout le monde visitera avec nostalgie les librairies de quartier uniquement pendant les Journées du Patrimoine. Ca tombe bien, le mois de septembre voit les feuilles tomber…

Alors pourquoi se lancer dans un secteur d’activité à l’avenir plus que morose ?

Je suis tenté de répondre dans un premier temps : parce que je suis un fou, un illuminé, une tête brûlée. Et bien oui, c’est vrai. Mais pas seulement. Ma conviction est que les petites librairies ont un avenir si elles revoient leurs missions à la hausse. Outre la connaissance des œuvres qu’il est amené à vendre, le libraire moderne doit être un animateur hors norme. Inutile de s’habiller en Père Noël le 24 décembre. Je ne vous parle pas d’agitation pathétique. Je vous parle de tout ce qui rend un lieu commercial rentable parce que différent des autres. Les libraires qui réussissent aujourd’hui proposent de la valeur ajoutée : restaurant à thème, café littéraire, animations ciblées, appendice sur Internet, participation à des animations extérieures, j’en passe et j’en oublie. On pourrait débattre ici des solutions à mettre en œuvre pour se distinguer des grands frères et gagner sa vie en vendant des bouquins. Une chose est sûre : on ne peut plus jouer les aigris poussiéreux coincé entre deux étagères bancales.

Dites-moi si je suis rêveur ?

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