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Faut-il brûler Brighelli ?

Pour que nos clients soient de bons soldats aux ordres de la grande distribution, encore faut-il qu’ils soient éduqués de la bonne manière. C’est-à-dire qu’ils ne doivent pas pouvoir se poser les bonnes questions.
Dans son ouvrage « La fabrique du Crétin », Jean-Paul Brighelli, en dehors de son analyse de l’éducation scolaire, expose de façon brillante de quelle façon l’avènement concomitant de l’ultra-libéralisme et du libertarisme post-soixante-huitard a habilement décervelé ce que l’économiste de la pensée dominante appelle le « consommacteur » : « il s’agissait, cette fois, de formater l’individu dont l’économie moderne avait, paraît-il, besoin : un être sans passé, sans histoire, sans bases. Un epsilon polyvalent, comme aurait dit Huxley, susceptible de passer, sans protester, de CDD en intérim et en ANPE. Un crétin, taillable et corvéable à merci, au nez duquel on agiterait le chiffon rouge des trois millions de chômeurs qui, peu ou prou, sont nécessaires à la parfaite obéissance des travailleurs intérimaires.
Tiraillée entre utopistes et opportunistes, l’école avait bien peu de chance de s’en sortir. Le système a produit ce qui lui était nécessaire : une main-d’œuvre bon marché, mise en concurrence avec un sous-prolétariat exotique (est-européen, dans la version plus purement CEE du projet), formée à une tâche précise, et surtout, débarrassée de la culture globale qui lui permettait, jadis, d’analyser le système, de se représenter dans ce système – et, in fine, de le critiquer ».
Bien sur, ce monsieur Brighelli est décrié par une bonne partie de ses collègues enseignants : les syndicats n’aiment pas quand le loup entre dans la bergerie. Les bien pensants de l’Education Nationale aiment brûler les sorciers qui sortent du cadre !
Notre « prof » ne nous en voudra pas si nous citons Guy de Maupassant : « Notre grand tourment dans l’existence vient de ce que nous sommes éternellement seuls et tous nos efforts, tous nos actes ne tendent qu’à fuir cette solitude ». In Solitude

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