Le Roman

Un article à lire sans modération !

Bernard Pivot met comme d’habitude, et à sa façon, les lettres à l’honneur, avec son Dictionnaire amoureux du vin. Se souvenant avec nostalgie des écarts éthyliques de Bukovski à Apostrophe, comparant l’eau à du jus de parapluie, Pivot se situe lui-même quelque part entre le laconisme des vignerons, qui trouvent que le vin goûte bien, et les logorrhées des œnologues et des sommeliers qui font sur un petit vin de pays trois épîtres aux corinthiens. Le vin est pour lui un produit extraordinaire, il embrasse notre civilisation, traverse toute notre mémoire collective et peut s’enorgueillir de posséder un Dieu : Bacchus. Son onomatopée préférée est glou-glou, souvent utilisée lors des intronisations dans les sociétés bachiques. Pivot est devenu journaliste après sa rencontre avec Maurice Noël qui était le rédacteur en chef du Figaro littéraire, ami de Paul Claudel, érudit extraordinaire et, surtout, amoureux du Beaujolais, tout comme Bernard qui est originaire de ce vignoble. Engagé au Figaro, donc, contre un caquillon de ce breuvage : un pot de vin en quelque sorte ! Il résume d’ailleurs sa philosophie dans une expression de la sagesse lyonnaise : au travail, on fait ce qu’on peut ; à table, on se force ! Inutile de lui parler de l’introduction de copeaux de bois dans les tonneaux, d’autant qu’il pense que le goût va se détourner de tous ces arômes forcés qui trahissent l’essence du produit. Il cite un bon mot de Jacques Puisais qui dit d’un vin ainsi trafiqué : Ce vin est assez curieux, mais il me semble plus près de la forêt que de la vigne !

Dans ce dictionnaire, on y découvre un tas de choses intéressantes. François Mauriac n’était pas vigneron mais possédait un vignoble, le château de Malaga, dont il parlait avec fierté dans son Bloc Note : une première Côtes de Bordeaux située à trois kilomètres de Langon. Alphonse de Lamartine, qui possédait près de cent hectares dans le macônnais, s’est ruiné pour le vin : à soixante-dix ans, il a vendu à grand regret son domaine de Milly. Et de savoir si le Christ a utilisé du vin rouge ou du vin blanc pendant la Cène, d’autant qu’il y avait très peu de vignes dans la Palestine de l’époque. Pendant très longtemps les prêtres consacraient du vin rouge, qui a été remplacé par du vin blanc pour, tenez-vous bien, ne pas se tâcher…

En aparté, quelques anecdotes : on ne masse plus à la bière les bœufs de Kobé (Japon) mais on leur donne du vin rouge à boire (Australie). Un litre par jour qui leur donne de l’appétit, les détend, et influe sur la couleur de leur viande. On a aussi remarqué que le vin fait maigrir les souris. Raoul Ponchon, poète bachique du début du XXème siècle, alors qu’il assistait à la réunion d’une ligue anti-alcoolique au cours de laquelle on a fait boire de l’alcool à un cochon dinde qui en est mort, à déclamé : Et alors ? Ca prouve tout simplement que l’alcool, c’est pas fait pour les cochons !! Frédéric Dar disait que la différence entre un verre à moitié plein et un verre à moitié vide était que le premier était bu en partie alors que le second était servi par un radin. Le meilleurs pour la fin (ou la faim ?) : Pasteur lui-même disait qu’il y a plus de philosophie dans une bouteille de vin que dans tous les livres.

A la bonne vôtre !

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